Samedi 23 février 2008

Je vous retransmet un témoignage reçu par mail.

PRENEZ 2 MINUTES pour lire ce témoignage
du principal d'un collège "ambition réussite", à la Duchère (Lyon) adressé à ses collègues.
Edifiant quant aux promesses de Sarkozy et Darcos !

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Bonsoir,
Vous savez tous que j'occupe depuis cette rentrée la fonction de Principal d'un Collège dit "difficile", classé "Ambition Réussite". 82% des élèves sont issus de catégories socioprofessionnelles très défavorisées. Un Collège ghetto, avec ses problèmes quotidiens, et les problèmes de violence dans le quartier.
 
Je suis très fier d'avoir travaillé pendant plusieurs années à Meaux (Beauval et Pierre-Collinet), puis à Vaulx-en-Velin pendant 4 ans, et aujourd'hui à la Duchère. Fier d'être fonctionnaire de la République, d'assumer cette mission de service public tant décriée.
 
Ce soir, ma fierté m'a abandonné. J'ai honte. J'ai surtout honte de devoir affronter le regard des professeurs, des surveillants, des partenaires extérieurs, des parents d'élèves et des élèves.
 
Vous vous souvenez tous de la promesse de notre président de la République pour ne pas laisser les "orphelins de 16 heures" à la rue ?
 
Vous vous souvenez des annonces de M. Darcos, Ministre de l'Education nationale, à propos de la mise en place de l'accompagnement éducatif, ce dispositif devant accueillir tous les collégiens de 16 heures à 18 heures ?
 
La circulaire a paru au journal officiel le 13 juillet 2007. Je l'ai découverte en détails au moment même où je prenais mes fonctions au Collège Schoelcher fin août, comme tous mes autres collègues Principaux de Collèges en Education prioritaire (près de 1500 Collèges dans toute la France).
 
Je me suis mis en quatre pour mettre en place ce dispositif, car je suis un fonctionnaire responsable. J'ai mis mes opinions de citoyen dans ma poche, et j'ai tout fait pour que ce dispositif soit un succès.
 
Je rappelle à tous que cet accompagnement éducatif devait concerner les élèves volontaires, encadrés par des enseignants volontaires.
Sur 365 élèves, j'ai réussi à en convaincre 225: 61,5 % de l'effectif total. La moyenne dans le Rhône tourne autour de 28 %.
 
Sur 47 enseignants, j'en ai convaincu 29. Je suis allé solliciter la MJC du quartier pour mettre en place un atelier de danse urbaine. J'ai sollicité le Centre social pour mettre conjointement en place l'aide aux devoirs, 3 fois par semaine. 100 % des élèves de 6ème étaient inscrits à cette dernière action. J'ai sollicité une compagnie artistique pour mettre en place un atelier d'écriture. Les professeurs ont ensuite proposé un atelier de sciences physiques, un club journal des collégiens, une activité escalade, trois groupes de soutien en mathématiques, deux groupes de soutien en français. J'étais en pourparlers avec un club d'échecs et un autre de rugby pour enrichir l'offre.
 
J'ai même réussi à débaucher un danseur de la maison de la danse, qui vient de partir pour le cirque du soleil à Las Vegas....
Tout cela a bien sûr un coût. Vous vous en doutez.
 
L'Inspection académique et le Rectorat nous ont transmis courant octobre 2007 une enveloppe d'heures pour les professeurs et les intervenants extérieurs (pour ces derniers, ces heures devaient être transformées en vacations, payées 15 € de l'heure).
 
Je disposais de 1476 heures. C'est à partir de cette enveloppe, que je n'avais pas demandé, que j'ai construit mon offre.
J'ai informé les parents d'élèves, et le 12 novembre, les actions se sont mises en place. L'aide aux devoirs avait commencé dès le 20 septembre. Les élèves étaient pour la plus part d'entre eux très heureux.
 
Début décembre, j'ai mis en paiement auprès du Rectorat les heures effectuées en septembre, octobre et novembre: 398 heures.
 
Cet après-midi, mardi 29 janvier 2008, réunion officielle à l'Inspection académique. L'inspecteur d'Académie préside la réunion, flanqué de ses deux adjoints et de deux chefs de service. Configuration inhabituelle. Curiosité puis inquiétude.
L'Inspecteur d'Académie ne le dit pas explicitement, car nous sommes tous soumis au même devoir de réserve. "Le dispositif n'est pas supprimé, mais on a réduit la voilure". On a seulement supprimé les heures pour le faire fonctionner. Au lieu des 1476 heures, je n'en ai plus que 397 pour terminer l'année scolaire. Cela vient directement du Ministère.
 
C'est identique dans toutes les Académies, l'Inspecteur d'Académie nous l'a confirmé, comme s'il voulait nous consoler. Tous mes collègues sont dans la même stupeur (40 Principaux de Collège abasourdis).
 
J'ai dépensé 1 heure de plus que ce à quoi j'ai droit. Et les heures effectuées en décembre et en janvier ne sont pour l'instant pas honorées (j'ai compté 221 heures pour ces 2 mois).
Je n'en ai plus les moyens. C'est noble le bénévolat, mais, là, on atteint des limites...
 
Concrètement, dès lundi prochain, 4 février 2008, toutes les actions décrites ci-dessus s'arrêteront, faute de moyens. Je ne vous fais pas de dessin.
Oui, j'ai honte ce soir. Honte pour les élèves. Honte pour les parents d'élèves. Honte pour les profs. Honte pour les partenaires extérieurs. Je ne sais toujours pas comment je vais leur annoncer la chose.
Merci M. Sarkozy pour vos promesses péremptoires. Merci M. Darcos pour avoir démontré la crédibilité du système éducatif français.
 
Bonsoir les amis. Vive la République.

par Ech0L0giK publié dans : Echos logiques
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Mardi 19 février 2008
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Est-il encore besoin de présenter Serge Latouche ? “Objecteur de croissance”, Professeur émérite de l’Université de Paris-Sud, il nous livre ici les fondements théoriques du paradigme de la décroissance, dont il est une des figures de proue actuelles.
 

"Si la terre devait perdre la plus grande partie de sa beauté en raison des dommages provoqués par une croissance illimitée de la richesse et de la population (...) Alors je souhaite sincèrement, pour le bien de la postérité, qu’on se contente de rester là où l’on est dans les conditions actuelles, avant que nous soyons contraints de le faire par nécessité." John Stuart Mill [1]

 

Le thème de la décroissance a fait en quelques mois une percée politique et médiatique remarquable. Ce n’est plus un sujet tabou. Il est devenu un objet de débat chez les Verts [2], bien sûr, dans la Confédération paysanne [3] (ce qui n’est pas très étonnant), au sein du mouvement dit altermondialiste [4], et même d’un public beaucoup plus vaste. La décroissance s’est invitée dans le débat électoral national italien à l’occasion des élections de 2006 [5].

Elle est aussi au coeur des contestations, de plus en plus vives régionalement et localement, des "grands projets". En Italie, les résistances se multiplient : dans le val de Susa contre le TGV Lyon-Turin avec son tunnel monstrueux, contre le Mégapont sur le détroit de Messine, Le Mosé dans la lagune de Venise, les incinérateurs (à Trento et ailleurs), la centrale électrique à charbon de Civitavecchia, etc. En France, la résistance aux "grands" projets, centrales thermiques à charbon, projet Iter, grandes infrastructures de transport a plus de mal à se coordonner et à se développer, du fait de notre centralisation et du pouvoir administratif, mais ça commence [6].

Un peu partout en France et en Italie, des groupes décroissance se constituent spontanément, organisent des marches, mettent en place des réseaux. La démarche "décroissante" inspire par ailleurs des comportements individuels et collectifs comme ceux qui entendent vivre selon un "bilan de justice", c’est-à-dire une empreinte écologique équitable (1300 familles dans le seul Veneto), les écovillages, les AMAP (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne) en France, les GAS (Groupe d’acheteurs solidaires) en Italie, etc. L’apparition de cet "ovni" dans le microcosme politicien a mis les média en ébullition. Journaux, radios, et même télés s’en sont mêlés. Si certains ont fait un effort sérieux d’information [7], beaucoup se sont déterminés pour ou contre, sans trop s’informer et le plus souvent en déformant les rares analyses disponibles. Qu’y a-t-il derrière ce "nouveau concept" ? Est-il soluble dans le développement durable ? D’où provient-il ? Pourquoi serait-il nécessaire ?

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Qu’est-ce que la décroissance ?

 
 

La décroissance est un slogan politique à implications théoriques, un "mot-obus" dit Paul Ariès, qui vise à casser la langue de bois des drogués du productivisme [8]. Le contraire d’une idée perverse ne produisant pas nécessairement une idée vertueuse, il ne s’agit pas de préconiser la décroissance pour la décroissance. Le mot d’ordre de décroissance a surtout pour objet de marquer fortement l’abandon de l’objectif de la croissance pour la croissance, objectif dont le moteur n’est autre que la recherche du profit par les détenteurs du capital et dont les conséquences sont désastreuses pour l’humanité et pour l’environnement. En particulier, la décroissance n’est pas la croissance négative, expression antinomique et absurde qui traduit bien la domination de l’imaginaire de la croissance [9]. On sait que le simple ralentissement de la croissance plonge nos sociétés dans le désarroi en raison du chômage et de l’abandon des programmes sociaux, culturels et environnementaux qui assurent un minimum de qualité de vie. On peut imaginer quelle catastrophe serait un taux de croissance négatif ! De même qu’il n’y a rien de pire qu’une société travailliste sans travail, il n’y a rien de pire qu’une société de croissance sans croissance. Cette régression sociale et civilisationnelle est précisément ce qui nous guette si nous ne changeons pas de trajectoire. La décroissance n’est envisageable que dans une "société de décroissance", c’est-à-dire dans le cadre d’un système reposant sur une autre logique. L’alternative est donc bien : décroissance ou barbarie !

En toute rigueur, il conviendrait de parler au niveau théorique d’"a-croissance", comme on parle d’a-théisme, plus que de dé-croissance. C’est d’ailleurs très précisément de l’abandon d’une foi ou d’une religion (celle de l’économie, du progrès et du développement), du rejet du culte irrationnel et quasi idolâtre de la croissance pour la croissance qu’il s’agit.

Au départ, la décroissance est donc simplement une bannière derrière laquelle se regroupent ceux qui ont procédé à une critique radicale du développement [10] et veulent dessiner les contours d’un projet alternatif pour une politique de l’après-développement [11]. Il s’agit d’une proposition nécessaire pour rouvrir l’espace de l’inventivité et de la créativité de l’imaginaire bloqué par le totalitarisme économiciste, développementiste et progressiste.

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Les deux sources de la décroissance

 

Ce terme de "décroissance" est donc d’un usage très récent dans le débat économique, politique et social, même si l’origine des idées qu’il véhicule a une histoire plus ou moins ancienne, liée à la critique culturaliste de l’économie d’une part et à sa critique écologiste d’autre part. Dès ses débuts, la société "thermo-industrielle" a engendré tant de souffrances et d’injustices qu’elle n’apparaissait pas souhaitable à beaucoup. Le fondement anthropologique de l’économie comme théorie et comme pratique, l’homo œconomicus, est dénoncé comme réducteur par toutes les sciences de l’homme [12]. La base théorique et la mise en oeuvre pratique (la société moderne) est mise en question par la sociologie de Durkheim et Mauss, l’anthropologie de Polanyi et Salhins, la psychanalyse de Eric Fromm ou Gregory Bateson. Le projet d’une société autonome et économe que recouvre le slogan de la décroissance, en effet, n’est pas né d’hier. Sans remonter à certaines utopies du premier socialisme, ni à la tradition anarchiste rénovée par le situationnisme, il a été formulé sous une forme proche de la nôtre dès la fin des années soixante par André Gorz, François Partant, Jacques Ellul, Bernard Charbonneau, Cornélius Castoriadis, mais surtout par Ivan Illich. L’échec du développement au Sud et la perte des repères au Nord amenaient ces penseurs à remettre en question la société de consommation et ses bases imaginaires, le progrès, la science et la technique.
Cette critique a débouché sur la recherche d’un "après-développement". La prise de conscience de la crise de l’environnement qui se produit dans le même temps, apporte une dimension nouvelle : à savoir que la société de croissance non seulement n’est pas souhaitable, mais encore qu’elle n’est pas soutenable !

Si l’intuition des limites physiques de la croissance économique remonte sans doute à Malthus, elle ne trouve son fondement scientifique qu’avec Sadi Carnot et sa deuxième loi de la thermodynamique. En effet, le fait que les transformations de l’énergie en ses différentes formes (chaleur, mouvement, etc.) ne soient pas totalement réversibles, et que l’on se heurte au phénomène de l’entropie ne peut pas ne pas avoir de conséquences sur l’économie qui repose sur ces transformations. Cependant, c’est seulement dans les années 70 du XXe siècle que la question écologique au sein de l’économie a été développée. Cela résulte surtout du travail du grand savant et économiste roumain Nicolas Georgescu Roegen. Il tire les implications bio-économiques de la loi de l’Entropie, déjà pressenties dans les années 40-50 par Lotka, Schrödinger, Norbert Wiener ou Léon Brilloin [13]. En adoptant le modèle de la mécanique classique newtonienne, note Nicolas Georgescu Roegen, l’économie exclut l’irréversibilité du temps. Elle ignore donc l’entropie, c’est-à-dire la non réversibilité des transformations de l’énergie et de la matière. Ainsi, les déchets et la pollution, pourtant produits par l’activité économique, n’entrent pas dans les fonctions de production standard. En éliminant la terre de celles-ci, vers 1880, l’ultime lien avec la nature se trouvait rompu. Toute référence à un quelconque substrat biophysique ayant disparu, la production économique telle qu’elle est conçue par la plupart des théoriciens néo-classiques ne semble confrontée à aucune limite écologique. La conséquence en est un gaspillage inconscient des ressources rares disponibles et une sous-utilisation du flux abondant d’énergie solaire. Comme le dit Yves Cochet : "La théorie économique néo-classique contemporaine masque sous une élégance mathématique son indifférence aux lois fondamentales de la biologie, de la chimie et de la physique, notamment celles de la thermodynamique" [14]. Elle est un non-sens écologique [15]. Bref, le processus économique réel, à la différence du modèle théorique, n’est pas un processus purement mécanique et réversible ; il est donc de nature entropique. Il se déroule dans une biosphère qui fonctionne dans un temps fléché [16]. De là découle, pour Nicolas Georgescu Roegen, l’impossibilité d’une croissance infinie dans un monde fini et la nécessité de faire une bioéconomie, c’est-à-dire de penser l’économie au sein de la biosphère. C’est ainsi que le terme "décroissance" a été utilisé en français pour intituler un recueil de ses essais [17].


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L’addiction à la croissance

 

Notre société a lié son destin à une organisation fondée sur l’accumulation illimitée. Ce système est condamné à la croissance. Dès que la croissance se ralentit ou s’arrête, c’est la crise, voire la panique. On retrouve le "accumulez ! accumulez ! C’est la loi et les prophètes !" du vieux Marx. Cette nécessité fait de la croissance un cercle infernal. L’emploi, le paiement des retraites, le renouvellement des dépenses publiques (éducation, sécurité, justice, culture, transports, santé, etc.) supposent l’augmentation constante du produit intérieur.

Trois ingrédients sont nécessaires pour que la société de consommation puisse poursuivre sa ronde diabolique : la publicité qui crée le désir de consommer, le crédit qui en donne les moyens, et l’obsolescence accélérée programmée qui en renouvelle la nécessité. Ces trois ressorts de la société de croissance sont de véritables "pousse-au-crime".
La publicité nous fait désirer ce que nous n’avons pas et mépriser ce dont nous jouissons déjà. Elle crée et recrée l’insatisfaction et la tension du désir frustré. Elément essentiel du cercle vicieux et suicidaire de la croissance sans limite, elle constitue le deuxième budget mondial après l’armement. Elle est incroyablement vorace : 103 milliards d’euros aux États-Unis en 2003, 15 en France. En 2004, les entreprises françaises ont investi 31,2 milliards d’euros pour leur communication (soit 2% du PIB et 3 fois le déficit de la sécu !). Au total plus de 500 milliards de dépenses annuelles. Montant colossal mais de pollution matérielle, visuelle, auditive, mentale et spirituelle ! Le système publicitaire "s’empare de la rue, envahit l’espace collectif – en le défigurant – s’approprie tout ce qui a vocation publique, les routes, les villes, les moyens de transport, les gares, les stades, les plages, les fêtes" [18]. Ce sont des émissions "saucissonnées", des enfants manipulés et perturbés (car elle vise d’abord les plus faibles), des forêts détruites (40 kg annuels de papiers dans nos boîtes aux lettres). Et, au final, les consommateurs paient l’addition, soit 500 euros par an et par personne.

L’usage de la monnaie et du crédit, de son côté, nécessaire pour faire consommer ceux dont les revenus ne sont pas suffisants et permettre aux entrepreneurs d’investir sans disposer du capital nécessaire, est un puissant "dictateur" de croissance, en particulier pour le Sud. Cette logique "diabolique" de l’argent qui réclame toujours plus d’argent, n’est autre que celle du capital. On est en face de ce que Giorgio Ruffolo appelle joliment "le terrorisme de l’intérêt composé" [19]. Quel que soit le nom dont on l’affuble pour le légitimer, retour sur investissement (return on equity), valeur pour l’actionnaire, quel que soit le moyen de l’obtenir en comprimant les coûts impitoyablement (cost-killing, downsizing), en extorquant une législation abusive sur la propriété (brevets sur le vivant) ou en construisant un monopole (Microsoft), il s’agit toujours du profit, moteur de l’économie de marché et du capitalisme à travers ses diverses mutations. Cette recherche du profit à tout prix se fait grâce à l’expansion de la production-consommation et la compression des coûts. Les nouveaux héros de notre temps sont les "cost-killers", ces managers que les firmes transnationales s’arrachent à prix d’or, leur offrant des matelas de stock options et des golden parachutes. Formés le plus souvent dans les business schools, qu’on devrait plus justement appeler école de la guerre économique, ces stratèges ont à coeur d’externaliser au maximum les charges et de les faire porter sur leurs employés, les sous-traitants, les pays du Sud, leurs clients, les Etats et les services publics, les générations futures mais, par dessus tout, sur la nature à la fois pourvoyeuse de ressources et poubelle. Tout capitaliste, tout financier, mais aussi tout homo œconomicus (et nous le sommes tous plus ou moins) tend à devenir un "criminel" ordinaire plus ou moins complice de la banalité économique du mal [20].
Avec l’obsolescence programmée, la société de croissance possède l’arme absolue du consumérisme. Au bout de délais toujours plus brefs, les appareils et équipements, des lampes électriques jusqu’aux paires de lunettes, qui sont devenus des prothèses indispensables de notre corps tombent en panne par suite de la défaillance voulue d’un élément. Impossible de trouver une pièce de rechange ou un réparateur. Réussirait-on à mettre la main sur l’oiseau rare, qu’il en coûterait plus cher que de racheter du neuf (celui-ci étant fabriqué à prix cassé dans les bagnes du Sud-Est asiatique). Et c’est ainsi que des montagnes d’ordinateurs se retrouvent en compagnie avec des téléviseurs, des frigidaires, des lave-vaisselle, des lecteurs de DVD, des téléphones portables à encombrer poubelles et décharges avec des risques de pollution divers.

 

Le théorème de l’algue verte et la sagesse de l’escargot.

 

Croit-on vraiment qu’une croissance infinie est possible sur une planète finie ? Certes, et fort heureusement, notre terre n’est pas un système clos. Elle reçoit l’indispensable énergie solaire. Toutefois, même si la quantité reçue pouvait être considérablement mieux utilisée, elle reste limitée et ne change rien à la superficie disponible et au stock des matières premières. L’hubris, la démesure, du maître et possesseur de la nature a pris la place de l’antique sagesse d’une insertion dans un environnement exploité de façon raisonnée. Le délire quantitatif nous condamne à basculer dans l’insoutenable sous l’effet du "terrorisme des intérêts composés". C’est ce que j’appelle le théorème de l’algue verte [21].

 


Un jour, encouragée par l’usage excessif d’engrais chimiques de la part des agriculteurs riverains, une petite algue vient s’implanter sur un très grand étang. Bien que sa croissance annuelle soit rapide selon une progression géométrique de raison deux, nul ne s’en préoccupe. En effet, si le doublement est annuel et la surface couverte en 30 ans, au bout de la 24e année seuls 3% de la surface du lac sont colonisés ! Sans doute commence-t-on à s’inquiéter quand elle a colonisé la moitié de la surface, faisant peser, dès lors, une menace d’eutrophisation, c’est-à-dire d’asphyxie de la vie subaquatique. Seulement, si elle a mis plusieurs décennies pour en arriver là, il suffira d’une seule année pour provoquer la mort irrémédiable de l’écosystème lacustre. Nous sommes précisément arrivés à ce moment où l’algue verte a colonisé la moitié de notre étang. Si nous n’agissons pas très vite et très fort, c’est la mort par asphyxie qui nous attend bientôt. Épousant la raison géométrique qui préside à la croissance économique, l’homme occidental a renoncé à toute mesure. Avec une hausse du PNB par tête de 3,5% par an (progression moyenne pour la France entre 1949 et 1959), on aboutit à une multiplication par 31 en un siècle et par 961 en deux siècles ! Avec un taux croissance de 10%, celui actuel de la Chine, on obt
ient une multiplication par 736 en un siècle [22] ! A 3% de taux de croissance, on multiplie le PIB par 20 en un siècle, par 400 en deux siècles, par 8000 en trois siècles [23] ! Si la croissance engendrait mécaniquement le bien-être, on devrait vivre aujourd’hui dans un vrai paradis depuis le temps... C’est bien plutôt l’enfer qui nous menace.

Dans ces conditions, il serait urgent de retrouver la sagesse de l’escargot. Celui-ci nous enseigne non seulement la nécessaire lenteur mais une autre leçon plus nécessaire encore. "L’escargot, nous explique Ivan Illich, construit la délicate architecture de sa coquille en ajoutant l’une après l’autre des spires toujours plus larges, puis il cesse brusquement et commence des enroulements cette fois décroissants. C’est qu’une seule spire encore plus large donnerait à la coquille une dimension seize fois plus grande. Au lieu de contribuer au bien-être de l’animal, elle le surchargerait. Dès lors, toute augmentation de sa productivité servirait seulement à pallier les difficultés créées par cet agrandissement de la coquille au-delà des limites fixées par sa finalité. Passé le point limite d’élargissement des spires, les problèmes de la surcroissance se multiplient en progression géométrique, tandis que la capacité biologique de l’escargot ne peut, au mieux, que suivre une progression arithmétique" [24]. Ce divorce de l’escargot d’avec la raison géométrique, qu’il avait lui aussi épousée pour un temps, nous montre la voie pour penser une société de "décroissance", si possible sereine et conviviale.


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Serge Latouche

 

[1] Principi di economia politica, Utet, Torino, 1979, pp. 748-751.

[2] Après la publication par le "diplo", en novembre 2003, de mon article "Pour une société de décroissance", voir “La décroissance pourquoi ?”, Vert contact 709. Avril 2004.

[3] “Objectif décroissance : La croissance en question”, Campagnes solidaires. Mensuel de la confédération paysanne. N° 182. février 2004.

[4] voir Politis du 11/12/2003, dossier sur la décroissance.

[5] Reprise par les "Verdi", objet de frictions entre Rifondazione et les autres partis de la coalition anti-Berlusconi. Paolo Cacciari a été élu député de Venise sur la liste de Rifondazione, après publication d’un plaidoyer en faveur de la décroissance, Pensare la decrescita. Sostenibilità ed equita, Cantieri Carta/edizioni Intra Moenia, 2006. Maurizio Pallante, auteur du manifeste La decrescita Felice. La quantità della vita non dipende dal PIL (Editori Riuniti, Roma 2005), est conseiller du nouveau ministre vert de l’environnement.

[6] voir Simon Charbonneau, "Résister à la croissance des grandes infrastructures de transport" (à paraître).

[7] Citons Politis, Carta, le Monde diplomatique et bien sûr Le journal "La décroissance" et son homologue italien, "La decrescita" et la revue Entropia (Parangon, Lyon).

[8] Paul Ariès, Décroissance ou barbarie, Golias, Lyon 2005.

[9] Cela voudrait dire à la lettre : "avancer en reculant".

[10] Voir notre article "En finir une fois pour toute avec le développement" dans le diplo de mai 2001.

[11] voir Les nouveaux Cahiers de l’IUED, n°14, “Brouillons pour l’avenir : contributions au débat sur les alternatives”, PUF, Paris/Genève 2003.

[12] Voir notre livre L’invention de l’économie, Albin Michel, Paris 2005.

[13] Pour la petite histoire de la décroissance, voir Jacques Grinevald, “Histoire d’un mot. Sur l’origine de l’emploi du mot décroissance”, Entropia N° 1, octobre 2006.

[14] Cochet Yves, Pétrole apocalyse, Fayard, 2005, p. 147.

[15] "Une pépite d’or pur contient plus d’énergie libre que le même nombre d’atomes d’or dilués un à un dans l’eau de mer", Ibid. p. 153.

[16] "Nous ne pouvons, écrit encore Nicolas Georgescu Roegen, produire des réfrigérateurs, des automobiles ou des avions à réaction "meilleurs et plus grands" sans produire aussi des déchets "meilleurs et plus grands" Nicolas Georgescu Roegen, La décroissance, Présentation et traduction de Jacques Grinevald et Ivo Rens, Sang de la terre, 1994. p. 63.

[17] Ibid.

[18] Besset, op. cit, p. 251. Il ajoute : "Il inonde la nuit comme il accapare le jour, il cannibalise Internet, il colonise les journaux, imposant leur dépendance financière et amenant certains d’entre eux à se réduire à de pitoyables supports. Avec la télévision, il possède son arme de destruction massive, instaurant la dictature de l’audimat sur le principal vecteur culturel de l’époque. Ce n’est pas assez. La publicité prend aussi d’assaut l’univers privé, les boîtes aux lettres, les messageries électroniques, les téléphones, les jeux vidéo, les radios de salle de bains. Et voilà maintenant qu’elle se saisit du téléphone arabe (... ) L’agression se déroule tous azimuts, la traque est permanente. Pollution mentale, pollution visuelle, pollution sonore"

[19] Ruffolo Giorgio, Crescita e sviluppo : critica e prospettive. Falconara/Macerata 8/9 novembre 2006.

[20] Voir nos analyses dans Justice sans limites. Fayard, 2003.

[21] Variante du paradoxe du nénuphar d’Albert Jacquart. Albert Jacquart, L’équation du Nénuphar (Calmann-Levy, 1998). Il fait aussi remarquer qu’avec un taux d’accroissement de 0,5% par an, la population humaine qui était d’environ 250 millions vers Jésus Christ serait de 5000 milliards aujourd’hui.

[22] Bertrand de Jouvenel, Arcadie, Essai sur le mieux vivre. Paris, Sedeis, 1968.

[23] Jean-Pierre Tetrais, p. 14.

[24] Ivan Illich, “Le genre vernaculaire”, in Oeuvres complètes tome 2, p. 292.


Source : http://ecorev.org/spip.php?article590

par Ech0L0giK publié dans : Echos logiques
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Vendredi 15 février 2008

La science sociale a mis « en lumière le fait fondamental de la socialisation, […], structuration simultanéeet d'agents individuels (membres de ces groupes) porteurs de propriétés adéquates. De ce point de vue, la vieille opposition classique individu/société se révèle dépourvue de tout fondement autre qu'une croyance métaphysique. […] Un système social, quel qu'il soit, existe toujours sous cette double forme : autour de nous sous une forme objective, dans le foisonnement des institutions, appareils, organisations, techniques, classements, distributions, répartitions, réglementations, codes, etc., et en nous sous forme d'ensemble structurés, plus ou moins cohérents et compatibles, de dispositions personnelles, inclinations, tendances, motivations, compétences et aptitudes à fonctionner dans un tel environnement objectif. Pour qu'un système social fonctionne et se reproduise, il faut qu'il y ait une relative congruence entre structures externes et structures internes façonnées par une même histoire. […] Notre Moi se construit à partir des structures objectives existantes : par le biais de sa socialisation, l'individu en intériorise la logique de fonctionnement et en incorpore les modèles et les normes, au fil des expériences liées à sa trajectoire personnelle. Deux sociétés différentes, ou deux époques historiques différentes d'une même société, ne peuvent façonner le même type d'individu. En retour, à mesure qu'il se construit, l'individu tend à s'autonomiser relativement (à devenir un sujet) et à réagir sur les structures en place pour les reproduire et les modifier tout à la fois dans des proportions variables. d'agents collectifs (groupes de toutes dimensions et toutes structures)

 

Tel est le contenu sociologique minimum qu'il importe de donner à la notion de social, faute de quoi l'analyse des faits sociaux ne peut que s'enliser dans d'insurmontables antinomies entre un dehors sans rapport avec un dedans et un dedans sans lien avec un dehors. On m'excusera de répéter des choses qui, en principe, sont censées être devenues depuis longtemps des banalités, mais quand je constate à quel point elles sont dépourvues de conséquences au plan des représentations et des pratiques effectives, j'en arrive à douter qu'elles soient aussi banales qu'elle peuvent le paraître.

 

Ainsi donc, lorsque nous proclamons notre hostilité au « système capitaliste », et que toutes les critiques que nous formulons s'adressent exclusivement à ses structures économico-politiques objectivées, il est clair que notre analyse s'est arrêtée à mi-chemin et que nous avons oublié de nous interroger sur la partie intériorisée du système, c'est-à-dire sur tout ce qui en nous contribue à faire fonctionner ces structures, causes de tant de dégâts autour de nous. Car enfin, ces structures économico-politiques ne pourraient pas fonctionner sans le concours de ce que certains sociologues ont appelé un « esprit du capitalisme », c'est-à-dire sans une adhésion subjective des individus qui engage, au-delà même des idées conscientes et des sentiments explicites, les aspects les plus profonds et les plus inconscients de leur personnalité, tels qu'ils ont été façonnés par leur socialisation dans le système. […]

 

Si un système nous produit (ou contribue à nous produire) en tant que membres de tel groupe à telle époque, cela veut dire que, par le biais de mécanismes sur lesquels on est encore loin d'avoir fait toute la clarté, les déterminations sociales que nous intériorisons deviennent véritablement chair et sang. Le social s'incarne en chaque individu, et ses déterminations, une fois incorporées à notre substance, jouent par rapport à notre façon d'être au monde le même rôle à la fois indispensable et non perceptible que nos os et nos tendons jouent dans notre locomotion, […], elles ne sont plus ressenties comme des contraintes extérieures mais comme des mouvements dont le point de départ se situe dans l'intimité la plus profonde de notre moi. […]

 

Il est toujours possible de contraindre une masse d'agents sociaux à l'obéissance en recourant à une répression plus ou moins féroce. Mais un système fonctionnant uniquement à la coercition ne serai pas viable longtemps. Pour éviter d'avoir à casser continûment des têtes, il vaut mieux façonner durablement les corps et « l'esprit » qui les habite. Pour la longévité d'un système, il faut impérativement que ceux qui le font fonctionner soient disposés à le faire de leur plein gré, au moins pour l'essentiel. Et plus leur adhésion est spontanée, moins ils ont besoin de réfléchir pour obéir, mieux le système se porte. […]

 

On comprendra mieux ainsi pourquoi je considère que la critique d'un système capitaliste ne peut s'en tenir aux méthodes traditionnelles de lutte économique et politique, et se contenter de mettre en cause les structures objectives de l'ordre établi (par exemple le marché incontrôlé des capitaux financiers ou la politique de privatisation des services publics ou le caractère technocratique de la construction européenne, etc.), mais qu'elle doit, en outre et en même temps, mettre en cause la part que nous prenons personnellement, même et surtout si ce n'est pas intentionnel, à la « bonne » marche de l'ensemble.

 

Ce retour réflexif de la critique du système sur elle-même est une entreprise difficile car elle ne peut que heurter, de prime abord, la bonne conscience des opposants au système, qui croient généralement avoir assez fait en dénonçant le caractère pernicieux des structures objectives de l'ordre capitaliste en leur refusant leur adhésion expresse, sans même soupçonner en quoi une telle prise de position critique, en raison même de son caractère partiel, peut contribuer au fonctionnement du système. »

 

Extrait de l'essai d'Alain Accardo, De notre servitude involontaire (éditions AGONE)


Source : Les Renseignements Généreux http://www.les-renseignements-genereux.org (incontournable)

par Ech0L0giK publié dans : Echos logiques
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Vendredi 15 février 2008

Article Premier

La destination de l’espace public est l’échange et la circulation des marchandises. Comme toutes les autres marchandises, les hommes s’y déplacent librement.

Article 2

L’espace public est l’espace qui n’appartient à personne. Ce qui n’appartient à personne appartient à l’Etat. L’Etat concède à la sémiocratie marchande l’occupation de l’espace susdit.

Article 3

Les bureaux sont faits pour travailler. La plage est faite pour bronzer. Ceux qui veulent s’amuser vont de leur plein gré dans les espaces de loisir, discothèques et autres luna-parks aménagés à cet effet. Dans la bibliothèque, il y a les livres. Dans les hospices, il y a les vieux. Dans les pavillons, il y a les familles. La vie est faite de moments détachables. Chaque moment a sa place. Tout est en ordre. Nul ne s’en plaint.

Article 3 bis

Le désordre aussi a sa fonction spéciale. Il rentre dans l’Intégrale, à l’emplacement prévu pour les évènements imprévus. Pour le bien-être de tous, les citoyens sont invités à se trouver sur la voie publique lors des fêtes organisées à leur attention, à intervalles réguliers, par les services du Ministère de l’Intérieur et de la Culture. Nos agents d’ambiance sont là pour vous servir. Il n’est pas interdit d’être aimable avec eux, même si vous êtes en règle.

Article 4

A chaque enfant est assigné un adulte-référent. Cet adulte est responsable devant la Loi du comportement de l’enfant qui lui est attribué. En raison de leur formation psycho-sociale encore incomplète, et dans l’intérêt même de leur développement, les enfants n’ont pas lieu de jouer dans l’espace public hors de la surveillance de leurs adultes-référents. En tout état de cause, les enfants se classent en deux groupes : les hypercinétiques, qui reçoivent de la Ritaline, et les hypocinétiques, qu’il convient de placer sous Prozac.

Article 5

Dans un souci de préservation du paysage et de respect de l’ambiance sociale, il paraît souhaitable que les corps non conformes aux normes esthético-sanitaires en vigueur, publiées quotidiennement dans la presse nationale, s’abstiennent de circuler dans les lieux publics entre neuf heures et vingt heures trente. Durant cette tranche horaire, les mendiants seront en revanche tolérés aux heures de plus forte affluence, où ils participent à l’édification de tous, par l’exemple repoussant qu’ils constituent.

Article 6

Le but de la vie est le bonheur. Le bonheur est une donnée objective qui se mesure en quantités exactes. Or chacun le sait de nos jours : là où règne la transparence, règne le bonheur ; ce qui ne cherche pas à se montrer cherche seulement, par là, à se cacher ; et tout ce qui cherche à se cacher doit être tenu pour suspect. Il est par conséquent du devoir d’ingérence du Biopouvoir de faire disparaître toute opacité de votre vie. Le Biopouvoir veut votre bonheur. S’il le faut, il le voudra contre vous.

Article 7

Pour la sécurité de tous, il convient que l’espace public soit intégralement surveillé. Là où le contrôle demeure imparfait, la foule est invitée à réprimer en son sein tout comportement contraire à la dignité humaine. Tout rassemblement anonyme, toute conduite anormale devront donc être signalés aux patrouilles de l’Action Préventive de Proximité (A.P.P.). Dénoncer les agents du Parti Imaginaire parmi nous, c’est un devoir citoyen, c’est agir pour leur bien, et pour le bien de tous.

Article 8

L’espace public est un espace neutre, c’est-à-dire que toute manifestation d’existence singulière y représente une atteinte à l’intégrité d’autrui. Tout sera désormais mis en oeuvre, mobilier urbain, décors adéquats, Contrôle Continu (C.C.), pour rendre impossibles de telles manifestations, dont on sait quelles intolérables nuisances elles occasionnent à nos concitoyens.

Article 9

Nous remercions l’ensemble de ceux qui, par leur comportement, ont contribué à ce que l’énoncé de ces principes aille de soi.

Article 10

RIEN NE DOIT PLUS ARRIVER.

Ce texte est extrait du groupe TIQQUN

Tiqqun est l'« Organe conscient du Parti Imaginaire ».

« La solitude, la précarité, l'indifférence, le trop d'argent, l'angoisse, l'exclusion, l'assistanat parental, la misère affective, le statut d'étranger à soi-même, l'ignorance des plus élémentaires réalités sociales et des lois de la guerre sociale, toutes les catégories que le Spectacle déploie pour rendre illisible le monde sous l'angle social, le rendent simultanément limpide au plan métaphysique. Elles rappellent toutes, quoique de façon différenciée, la complète déréliction de l'homme (l'homme, cette catégorie fourre-tout) quand l'illusion des "temps modernes" achève de devenir inhabitable, c'est-à-dire, au fond, quand vient le Tiqqun. Car au fond de notre action, il ne s'agit que de rendre habitable une nouvelle illusion. » (Théorie du Bloom, 2004) (wiki)

 

par Ech0L0giK publié dans : Coup de tronche!
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