"L'environnement c'est ce qui reste de la nature quand on l'a détruit"
Mardi 12 février 2008



Des numéros, des chiffres,  des  nombres en paguailles.... pour tromper, mettre en évidence, ou constater.... 
Sur  http://www.worldometers.info/fr/ , on constate.

Statistiques en temps réel en tout genre, pertinentes ou non, mais qui sont révélatrices.

A l'heure où je regarde  ces chiffres  qui augmentent sans cesses... je m'aperçois que :

6 291 915 196 d'humains peuplent cette planète

351  342 âmes  ont vu le jour aujourd'hui

144 451 âmes  nous ont quittées (aujourd'hui aussi)

22 205 133 voitures ont été construites cette année  (réduire les émissions de quoi?)

4 850 648 hectares de foret ont été détruits

868 372 626 personnes sous-alimentées

1 055 504 813 de gens en surpoids

2 155 873 décès cette année du à des eaux contaminées


Je pourrais continuer longtemps.

Par contre je me pose toujours la question du à-quoi-ça-sert de savoir les dépenses étasuniennes en parfum cette année.
Vendredi 8 février 2008
Un continent en soixante films : la programmation Africamania, que propose la Cinémathèque française jusqu'au 17 mars, révèle à la fois une histoire riche, des premiers films après les indépendances jusqu'aux récentes productions tournées en numérique, et une grande misère. L'immense majorité des longs métrages programmés date d'avant-1995, période à laquelle le système de production fondé sur l'appui d'aides françaises s'est effondré, en même temps que les économies africaines. Sur les cinq films présentés en avant-première, aucun n'a trouvé à ce jour de distributeur en salle, alors que le plus ancien date de 2003.

kabore.jpg  Gaston Kaboré  

Deux cinéastes présents à la Cinémathèque, le Burkinabé Gaston Kaboré et le Nigérian Newton Aduaka, font le point sur ces problèmes. Le premier est l'auteur de Wend Kuuni et Rabi, qui évoquent les villages du Burkina Faso. Son dernier film, Buud Yaam, date de 1997. Depuis, Gaston Kaboré, aujourd'hui âgé de 57 ans, s'est consacré à un institut de formation pour les cinéastes africains, Imagine, qu'il a fait construire et exister à Ouagadougou, la capitale de son pays. Il repassera derrière la caméra en 2009, assure-t-il.

fespacor200.jpgNewton Aduaka

Newton Aduaka est né au Nigeria en 1966 et a grandi en Angleterre. Rage, son premier film, évoquait la vie d'un adolescent d'origine africaine à Londres. Ezra, présenté le 8 février à la Cinémathèque française, suit la descente aux enfers d'un enfant soldat en Afrique de l'Ouest.

Que vous inspire la programmation de la Cinémathèque ?

Gaston Kaboré : Il aurait été préférable que ça arrive avant. Il ne faudrait pas non plus que ce soit un feu d'artifice et qu'il n'y ait plus rien après.

Newton Aduaka : J'ai un sentiment ambivalent. Ma perception de l'Afrique va au-delà du continent. Je voudrais demander à Catherine Ruelle (qui a dirigé la programmation), qui a une connaissance très vaste du cinéma panafricain, où sont les Brésiliens ? Les Haïtiens ? Dans le monde entier, il y a des cinéastes qui rendent compte de leur expérience de l'Afrique.

Un débat oppose les tenants d'un "cinéma de village", qui met en scène l'Afrique rurale, et ceux qui veulent aller vers les réalités urbaines. Comment vous situez-vous ?

G. K. : Les gens ont le sentiment que montrer l'Afrique rurale dévalorise les Africains modernes qu'ils sont. C'est bête mais ça fait partie d'un dispositif d'assujettissement mental. Même si les villes sont en train de grandir très vite, une grande part du destin de nos pays se joue dans le monde rural. On a parfois voulu dicter aux cinéastes africains ce qu'ils devaient faire : occupez-vous de vos villes grouillantes d'histoires extraordinaires. On ne doit pas nous définir un espace dans lequel nous devons travailler.

africa_sembene2.jpg Ousmane Sembene

N. A. : D'abord, des cinéastes comme (le Mauritanien) Med Hondo ou (l'Ethiopien) Haïlé Guérima ont parlé des vrais problèmes de l'Afrique, de la politique qui étranglait le continent et ses peuples. Ce genre de films a disparu. Yaaba (du Burkinabé Idrissa Ouedraogo, en 1989) et Yeelen (1987), qui est un grand film - pour moi, Souleymane Cissé est un maître -, ont changé le visage du cinéma africain. Sont arrivés ce que j'appelle les "films calebasses" qui nous ont ramenés à une perception romantique et nous ont écartés du présent immédiat. C'est bien de voir que ce cinéma émasculé, très joli, touche à sa fin.

Croyez-vous que la production de fictions longues en vidéo, qui connaît un essor commercial remarquable, entre autres au Nigeria, représente un espoir pour le cinéma africain ?

G. K. : Ceux qui se sont mis à produire ces films de façon massive viennent du commerce. Ils vendaient des ignames, du manioc, du plantain et autres tissus et se sont dit qu'il y avait quelque chose à faire. La plupart des intervenants se sont improvisés producteurs, réalisateurs, pourquoi pas ? Peut-être sont-ils en train de constituer les premiers éléments d'une industrie. Il y a des gens qui en vivent, des acteurs, des techniciens, qui apprennent leur métier ; et le public devient de plus en plus exigeant. Mais je vois des films réalisés pour une trentaine de millions de francs CFA (environ 45 000 euros) diffusés en salle, au Burkina, en vidéo. Les gens ont besoin d'histoires, pour eux le débat entre pellicule et vidéo n'est pas intéressant.

N. A. : Au Nigeria, quelles histoires propose-t-on ? Nollywood (surnom donné à l'industrie des fictions au Nigeria), c'est un substitut aux soap operas brésiliens, ce n'est pas du cinéma. C'est un bouillon de culture, le public exige de meilleurs produits, un meilleur son, de meilleurs acteurs. Mais ce n'est pas ça le problème, le problème ce sont les histoires.

Nollywood abrutit les gens, ils regardent les mêmes histoires sans fin, mais comme elles sonnent vrai, qu'elles renvoient à des mythologies contemporaines, elles ont du succès. L'enthousiasme de la presse vient du fait que les gens consomment leur propre culture, c'est très important. Il faut passer au niveau suivant.

Africamania, Cinémathèque française, 51, rue de Bercy, Paris-12e. Mo Bercy. Jusqu'au 17 mars. Vendredi 8 février à 20 h 30, avant-première d'Ezra. Sur Internet : www.cinematheque.fr.

Propos recueillis par Thomas Sotinel
Article paru dans l'édition du Monde 07.02.08.
Mardi 29 janvier 2008

Selon un projet du ministère de l'Intérieur, que s'est procuré Rue89, dormir dans la rue redeviendrait passible de prison.

Le 15 décembre, le long du Canal Saint-Martin, à Paris (Charles Platiau/Reuters)

Et si la mission Pinte sur les sans-abris n'était que de la poudre aux yeux? Alors que les associations avaient accueilli avec bienveillance la mission express confiée par François Fillon au député-maire (UMP) de Versailles, un extrait d'un projet de loi du ministère de l'Intérieur fait désordre: il s'agirait de rien moins que de rétablir le délit de vagabondage, pourtant définitivement supprimé du Code pénal en France en 1994.

Ce mardi, en début de matinée, Etienne Pinte doit rendre compte à Matignon de la mission d'un mois que lui a confiée le gouvernement le 21 décembre. Le tout avec l'approbation des associations, dont plusieurs soulignaient que les choses allaient "plutôt dans la bonne direction". Quelques semaines à peine après la conférence de consensus, qui réunissait fin novembre un jury présidé par le conseiller d'Etat Jean-Marie Delarue, le ton était donc plutôt consensuel.

Document de travail?

Mais nous nous sommes procuré un "projet de loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure", estampillé du dudit ministère. Son article 43 porte sur "l'occupation abusive et irrégulière du domaine public". C'est cet article qui prévoit de rétablir une peine de "six mois d'emprisonnement et 3750 euros d'amende" pour tout sans abri qui continuerait à occuper la rue.

A partir de quand peut-on considérer qu'un SDF a refusé une offre tangible? Le texte -qui n'est peut-être qu'un document préparatoire- ne le précise pas. Il stipule toutefois qu'"il peut être procédé à la saisie de la chose qui a servi ou était destinée à commettre l'infraction". Autrement dit, la police pourrait saisir la tente ou le duvet du sans abri qui se sera, par exemple, installé sous un pont. Et selon ce texte, dormir dans la rue est passible d'emprisonnement.

Lundi soir, le ministère de l'Intérieur, plusieurs fois sollicité, n'avait pas donné suite à nos messages. Depuis qu'elles ont pris connaissance de ce document, certaines associations se disent "inquiètes qu'on veuille nettoyer manu militari les rues de Paris pour les touristes". Tout en préférant attendre la remise officielle du rapport Pinte pour monter au créneau.

"Rétablir le délit de vagabondage serait tragique"

Jean-Marie Delarue, qui présidait la conférence de consensus, confiait à l'époque que l'urgence était bien à recentrer les acteurs du monde associatif autour d'une dynamique commune, pour qu'ils puissent exiger d'une même voix des politiques publiques conséquentes. A la veille de la publication du rapport Pinte, le conseiller d'Etat attendait d'en prendre connaissance mais se disait "attentif" à ce projet de loi qui émane du ministère de l'Intérieur:

"Il faut être prudent: une proposition dans un rapport n'est pas une décision gouvernementale. Même si les associations se félicitent plutôt d'avoir été consultées. Si l'Intérieur va jusqu'au bout, il faut que le gouvernement clarifie ses intentions, car rétablir le délit de vagabondage serait tragique."

Même son de cloche chez un psychiatre impliqué dans le domaine, qui affirme que les pouvoirs publics multiplient ces derniers temps les appels aux experts afin que ces derniers viennent "avaliser la dangerosité des sans abris sous couvert de diagnostic psychiatrique".

A la veille de son entrevue à Matignon, Etienne Pinte préférait, lui, s'abstenir de communiquer sur la question. Le 5 décembre, au sortir de la conférence de consensus, la présidente de la Fnars, Nicole Maestracci, résumait ainsi le dossier des sans-abris:

"La vraie révolution, ce serait de donner de la cohérence à tout cela, et d'instaurer un vrai pilotage."

Pas sûr qu'elle ait été entendue par le gouvernement, comme le montre la cacophonie que trahit le document du ministère de l'Intérieur.

Mis à jour le 29/01/2008 à 11h58: après la publication du document sur Rue89, le cabinet du ministère de l'Intérieur affirmait mardi matin que la disposition ne figurerait finalement pas dans la mouture définitive du projet de loi de sécurité intérieure.


Source : http://www.rue89.com/2008/01/29/le-delit-de-vagabondage-va-t-il-etre-retabli

Samedi 19 janvier 2008
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